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Le Complot mongol

Rafael Bernal (Le Serpent Noir)

mercredi 23 février 2005


Un OVNI. En provenance directe du Mexique, certifié 1969, roman pourtant sans une ride et qui en remontrerait question souffle et jeunesse à bien des brouillons actuels. On applaudit des deux mains le Serpent noir d’être allé chercher pareil trésor, et surtout de nous le servir aussi magnifiquement présenté, avec préface du sémillant Paco Ignacio Taibo II, qui explique tout ce que le polar mexicain doit à pareil phénomène, et dans une traduction à saluer bien bas (Claude Fell, bravo !). Mais qu’est-ce donc au fait que ce Complot mongol ? Un roman d’espionnage si on veut, un jeu de couillons-couillons et demi, une grosse farce qui allonge les cadavres, une charge à la chevrotine (ça arrose dans tous les sens) de la société mexicaine d’alors. Le héros, sieur Filiberto Garcia, fine gachette du temps jadis, est parfaitement parfait dans le rôle du tueur blasé, revenu de tout, mais tendre au coeur sur le tard, et évidemment susceptible du côté de l’honneur. Les autres personnages sont également sur mesure, avec bien sûr une mention spéciale pour les agents très spéciaux russe et américain. La scène où les trois tueurs « attendent », en se livrant à une étude détaillée des meilleurs outils trucidants vaut à elle seule l’achat du Complot. Le tout se savoure grâce à une langue truculente impeccablement rendue (bravo bis pour la traduction), une alternance à la hussarde de première et de troisième personne qui dynamise l’affaire. Que dire de plus ? Que ce complot est sans doute une des meilleures choses parues ces six derniers mois. Foutu bouquin !