Accueil > Chroniques > Tony Justice

Tony Justice

Eugene Izzi (Editions Du Rocher)

mardi 21 septembre 2004


Un finaud, cet Eugène. Comme son personnage principal. Le Tony, c’est un grand émotif. Un ancien flic qui sort de 12 ans de taule, et ses émotions, il est bien décidé à s’asseoir dessus. Ce sont ses nerfs un tantinet trop à vif qui l’ont poussé à dégainer, sur les marches d’un Palais de justice, sur un richissime violeur d’enfant qui venait de s’en tirer grâce à d’habiles avocats. Mort l’ordure, mais au gnoufle le Tony. Du coup, une fois purgée sa peine, le Tony applique sa justice (le titre anglais : Tony’s Justice). Mais pas celle version Bronson qui dessoude à tout va. Non. Tony punit, fait peur, mais ne tue plus. Malin Tony. Malin Eugène Izzi. N’allez pas croire que son Tony c’est du genre Dirty Harry, anar de droite, mais de droite tout de même. Non. Tony, c’est un sentimental tourmenté, avant tout, qui voudrait bien couper toute attache affective. Trop dur, le monde, pour continuer à entretenir des semblants d’amitié. Sauf qu’on ne se refait pas. Surtout quand un méchant de chez méchant bute un ancien collègue de travail. Donc voilà : le rusé Izzi s’amuse sur 400 pages à tordre son histoire et ses personnages pour justifier « la vengeance mais les mains propres » de son Tony d’amour. Le pire : ça marche plutôt bien.