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Los Angeles River

de Michael Connelly (Seuil Policiers)

mardi 21 septembre 2004


Bien sûr, le plaisir des retrouvailles. Cette bonne Rachel Walling, ce charmant Poète, on est bien content de prendre de leurs nouvelles. Mais on s’inquiétait à tort, évidemment. Tout va bien. Le Poète massacre. L’agent Walling traque. Et tiens, puisque nous sommes entre vieilles connaissances, voilà Harry Bosch, notre ex du LAPD, qui vient compléter la petite famille. Allez, on se frotte les mains, et on se régale à l’avance du retour de la revanche. Connelly tient ses promesses sur les 30 premiers chapitres. La tension monte impeccablement. Les trajectoires des différents personnages se nouent à la perfection. Et puis patatras. Le tandem Bosch-Walling se perd, commence à décrocher la timballe au terme d’interrogatoires improbables dans un bordel-caravaning perdu du Nevada, remonte la piste du Poète parce qu’il faut bien achever le monstre, et termine la chasse à l’homme par un final grand-guignolesque et indigne du machiavélisme habituel du tueur. Une fin bâclée, une nouvelle fois, vilain mal qui ronge nombre de polars actuels, et laisse le lecteur la bave aux lèvres, et des envies de meurtre. Combien d’auteurs, la plupart réputés, se relâchent ainsi pour pédaler en roue libre ? Beaucoup trop. Connelly rejoint la cohorte. Il gâche. Et notre plaisir avec. Le Poète méritait mieux.