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La Ligne noire

de Jean-Christophe Grangé (Albin Michel)

mardi 21 septembre 2004


Marc, ancien grand reporter, est désormais faits diversier foireux en routine à Paris. Jacques, ancien apnéiste recordman, est désormais tueur en série pris en flagrant délit en Malaisie. Le premier s’intéresse très vite au second. Sa quête ? Percer l’origine du mal. Son problème ? Le tueur, de sa prison malaise, refuse toute interview. Sa solution ? Lui écrire, en se faisant passer pour une jeune étudiante en psychologie. Oui, chez Grangé, tout est possible. Voilà donc la correspondace établie, et le début d’un jeu de piste sanglant, notre tueur offrant par courrier quelques mousseuses énigmes pour que la preste étudiante retrouve sa trace meurtrière à travers l’Asie du Sud-Est. Bien évidemment, notre tueur surdoué à l’intelligence aussi profonde qu’une fosse océanique (à quand le permier tueur en série doté d’une connerie abyssale, ça changerait...) ne se doute à aucun moment de la supercherie. Sa correspondante peut donc se dépenser d’un pays l’autre, résoudre ses petits mystères en deux temps trois mouvements, il ne voit que du bleu. L’amour, que voulez-vous, peut rendre aveugle même le plus perçant des monstres zigouillant. L’invraissemblance est une nouvelle fois la plus sûre des marques de fabrique de Grangé. Il les accumule, 500 pages durant, et il faut être sacrément bon public ou écrasé par le soleil des vacances pour le suivre sans jamais soupirer. Mais admettons. Poussons le bouchon avec notre auteur et laissons nous flotter sur sa vague d’hémoglobine sans trop barguigner. Reconnaissons même que Grangé sait naviguer plutôt efficacement. Malheureusement, notre homme parvient plus difficilement à jeter l’ancre. A l’image de nombre d’auteurs de thrillers, il se laisse emporter par la tempête sous son crâne et n’en finit plus de charger la barque. Attendez ! Il ne me reste que vingt pages avant d’accoster, mais je vous promets encore 20 rebondissements jusqu’à l’amarrage final ! Arrive l’inévitable. Toutes les grosses cordes et ficelles que balance le mousse énervé tombent à l’eau. Et la ligne noire se perd sous la ligne de flottaison.