Accueil > Chroniques > Le Codex de Syracuse

Le Codex de Syracuse

Jim Nisbet (Rivages/Thriller)

samedi 31 juillet 2004


A quoi reconnaît-on un roman de Nisbet ? A son style d’abord, qui saute aux yeux. Nisbet n’est pas d’une lecture évidente, mais on se régale très vite de ses métaphores richissimes, de son humour extravagant, de ses dialogues aussi absurdes que maîtrisés. Nisbet se distingue également par ses personnages : pour le moins décalés et toujours surprenants. Une galerie de foldingues au verbe coloré, iconoclastes aux motivations confuses, et, tour de force, pourtant attachants. Vient ensuite l’intrigue où Nisbet laisse libre cours à son invraisemblable imagination. On le comprend : notre homme s’amuse avec les conventions du genre, mais avec une telle maestria que jamais on ne le sent faire le malin. Détourner sans doute, mais pour mieux servir l’efficacité de son récit, qui procure alors une jubilation intense. Tous ces ingrédients qui placent Nisbet largement au-dessus du lot se retrouvent dans ce Codex de Syracuse, incroyable jeu de dupes autour d’un manuscrit byzantin. De son héros faux naïf à sa psychotique meurtrière en transfert antique, en passant par ses flics érudits et ses bourgeois envapés, tous les barges de l’univers nisbetien sont de sortie dans un fameux foutoir sanglant. Car comme toujours chez notre bonhomme, la violence explose des plus méchamment, dévoilant son habituelle ironie désespérée. Le Codex est le septième roman de l’impayable Nisbet chez Rivagesl’article. A l’image de ce Codex, tous valent le détour. Avis aux amateurs.