Accueil > Chroniques > Rackets

Rackets

Thomas Kelly (Rivages/Thriller)

dimanche 15 février 2004


Une confirmation. Le Ventre de New York était déjà un remarquable roman noir. Rackets reprend les mêmes ingrédients, puissance 10. On retrouve la passion de l’auteur pour ce monde ouvrier dont il décrit à la perfection les codes d’honneur, les solidarités. Le tout sur fond de corruption, bien sûr, mafieuse, politique, syndicale. Un tel cocktail n’est pas rare, mais il est rarement aussi goûteux, car Thomas Kelly prend surtout le temps avec ses personnages, tous ses personnages. Un mafieux rital un brin dépassé par des petits jeunes aux dents longues, un syndicaliste à l’honnêteté hors d’âge, un garde du corps cœur d’artichaut, une fliquesse trop amoureuse, un vieux pote prolo aux méthodes expéditives, un héros arriviste mais finalement rattrapé par la tradition irlandaise familiale, la galerie est magnifiquement riche et complexe. L’écriture est assez classique, mais la puissance de ce roman est ailleurs : dans cette humanité touchante qui semble bien la marque de fabrique de Thomas Kelly. L’air de rien, le bonhomme s’impose comme un des conteurs les plus talentueux du moment. Sombre et beau.