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Axel et Joséphine

Alain Gagnol (Le Cherche Midi)

lundi 12 avril 2004


Tout va très vite chez Alain Gagnol. On ne comprend pas vraiment comment les choses s’enchaînent, mais une fois le premier domino poussé, tout s’accélère et dégringole à vitesse grand V. Un simple adultère, une déprime, un meurtre accidentel, un amour impossible, et une escalade dans l’horreur. Axel et Joséphine ne maîtrisent rien, ou presque. Ils ne sont que de gentilles marionnettes qui jamais ne pensent à mal, mais un élément entraînant l’autre, que voulez-vous… Bien sûr, il leur arrive de ne pas vraiment faire le bon choix, de croire pouvoir domestiquer leur destin. Qu’importe en fait. Tout se joue sur des petits riens. L’improbable tandem s’enfonce inexorablement. Toute la force de Gagnol est là : il flirte avec l’invraisemblable, mais réussit pourtant à embarquer son lecteur dans l’aventure, sans s’embarrasser de fioritures, avec une économie d’effets qui sert parfaitement son projet. On dévore cette chronique amère qui laisse forcément un goût de cendre (voir le final), et on se dit que oui, décidément, ce Gagnol est un des auteurs français actuels de tout premier ordre.