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BUNKER Edward

jeudi 5 février 2004


Le crime, ce type connaît. Et la prison forcément : au total, 18 ans au compteur. De quoi remplir des pages et des pages. Ce que fit Edward Bunker, sauvé comme par miracle par les livres et l’écriture.
Le bonhomme est né le 31 décembre 1933 à Hollywood. Sa mère est danseuse dans des comédies musicales, son père régisseur de cinéma. Mais très vite, le couple ne s’entend pas. Il divorce. Edward n’a que 5 ans. Il est placé dans une famille d’accueil. Commencent les 400 coups. De foyers en maisons de redressement en passant par l’hôpital psychiatrique à 11 ans, Edward est cassé. A 14 ans, il braque un débit de boisson. Envoyé en prison pour mineur, il est encore trop jeune pour fréquenter le pénitencier de San Quentin. Pas pour longtemps. Dehors, il multiplie les mauvais coups. En 1951, à 17 ans, il débarque à San Quentin pour 5 ans. C’est là qu’il se réfugie dans les livres. Il en dévore 5 par semaine. Et il écrit ses premières nouvelles. Libéré sous conditionnelle en 1956, il reprend le chemin du crime : extorsion de fonds, cambriolages, faux chèques. Il retombe en 1960 et en prend pour 14 ans maximum. Il en purge 7. Il écrit quatre romans et de nombreuses nouvelles, vend son sang pour obtenir de l’argent et envoyer ses manuscrits aux éditeurs. En vain.
Il ressort à 34 ans. Il souhaite enfin se ranger mais toutes les portes se ferment. Il retombe encore pour un cambriolage. Il finit par atterrir dans la centrale de haute sécurité de Marion, dans l’Illinois. Une des plus effrayante du pays. C’est là qu’il rédige son premier roman publié en 1973 : Aucune bête aussi féroce. Il publie également des articles sur les conditions de vie carcérale dans les magazines Harpers et The Nation. Sa notoriété augmente. En 1975, il est libéré. Deux événements lui permettent de sortir définitivement du trou. L’adaptation en 1978 de son premier roman (Aucune bête aussi féroce / Le récidiviste) avec Dustin Hoffman, et son mariage en 1979 avec une jeune assistante sociale rencontrée en cours de réinsertion.
En 1981, son troisième roman (La bête au ventre) ne connaît qu’un succès d’estime. Il se tourne alors vers Hollywood. Il co-écrit le scénario de Runaway Train de Konchalovsky (1985, nommé aux Oscars), joue un petit rôle dans Tango et Cash (1988), le Mister Blue du célèbre Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. C’est son succès en Europe qui relance sa carrière littéraire. Après 15 ans de silence, il sort Les hommes de proie en 1996. L’adaptation par l’acteur Steve Buscemi de son deuxième roman (Animal Factory, très mal distribué en France) complète le tableau. Edward Bunker passe les dernières années de sa vie à L.A. avec sa femme Jennifer et son fils (né en 1994). Il décède à 71 ans le 19 juillet 2005 dans un hôpital de Burbank Californie.

Ses principaux ouvrages sont : Aucune bête aussi féroce, La bête contre les murs, La bête au ventre.