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Les Hauts du bas

Pascal Garnier (Zulma)

samedi 6 décembre 2003


Chez Pascal Garnier, les hauts ne sont jamais très loin des bas. Haut-le-cœur comme haut les cœurs. Il n’est pas loin le bonheur, pour Edouard et Thérèse. Même s’ils sont mal partis pour tout. Même si rien ne les prédispose. Là, tout soudain, quand chacun se laisse aller, pendant un simple pique-nique, la communion de deux êtres est à portée de main. Mais non. Ecrit-on de bonnes histoires avec le bonheur sur l’épaule ? Pas sûr. Alors le bonheur, qui débarque un jour sous l’apparence d’un fils inconnu, trébuche bêtement et s’écrase au fond du ravin. Sans doute en rajoutait-il trop, le bonheur. On ne lui avait rien demandé. Ou pas vraiment. Alors tout bascule. Edouard et Thérèse s’échappent. En cavale en quelque sorte. Ils s’arrachent à leur présent, leur passé, ils partent sur une autre planète. Détachés. Mais tout cela ne peut pas exister. Ils seront rattrapés, par eux-mêmes et les autres. Au bout de la dérive, la conclusion est tranchante : nous sommes tous des assassins. On peut d’ailleurs se demander si les grands romans noirs racontent autre chose. Les Hauts du Bas est un grand roman noir.