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Danse avec l’ange

Ake Edwardson (Jean-Claude Lattès)

lundi 7 avril 2003


Le nouveau Mankell ? Le père de Wallander commençant à s’essouffler, il devient visiblement urgent de lui trouver un successeur. Voilà donc Ake Edwardson sur les rangs, avec son commissaire célibataire Erik Winter. On peut effectivement s’amuser à rapprocher les deux auteurs. Comme Mankell, Edwardson trimballe son héros dans une Suède bien loin de l’image d’Epinal. Comme chez Mankell, le héros d’Edwardson est plutôt désabusé, sans illusion sur son travail et cette société qu’il est contraint d’ausculter. Comme chez Mankell, le bonhomme travaille en équipe et on apprend à connaître une ribambelle de personnages appelés sans doute à prendre de l’épaisseur par la suite. On sent bien qu’Edwardson s’intéresse bien plus à sa troupe et à ses problèmes existentiels qu’à l’intrigue prétexte qu’il tricote par ailleurs assez maladroitement. Mais peut-être faut-il attendre les prochains épisodes pour se laisser vraiment convaincre. Car ici, Edwardson ébauche seulement le caractère de ses seconds rôles qui manquent encore singulièrement de chair. Le roman semble du coup partir dans tous les sens, ouvrir des pistes intimes qui ne débouchent sur rien, ou pas encore. On survole tout ça sans pouvoir vraiment s’impliquer, avec le sentiment troublant d’un manque d’humanité de l’ensemble. Sentiment accentué par des dialogues plutôt mal maîtrisés, assez irréels, comme échangés par des interlocuteurs sous tranxène. Défaut général de rigueur donc pour le premier épisode de cette série. On ne détrône pas Mankell aussi facilement.