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Ne le dis à personne...

Harlan Coben (Pocket)

mardi 25 février 2003


Ne le dites à personne, mais on marche forcément au thriller de Harlan Coben. Parce que notre homme s’y entend pour dérouler sa pelote 400 pages durant, avec une galerie de personnages plutôt convaincants et un style sobre, efficace, un tantinet au-dessus de la moyenne. Pourtant, quand on referme le livre, malaise. Un méchant sentiment s’insinue. On se sent floué, et même, pour tout dire, escroqué. Parce que Coben ne peut s’empêcher de succomber à un excès de zèle, ce pénible renchérissement systématique qui frappe certains auteurs. Coben en fait beaucoup, et finit par en faire trop. C’était peut être inscrit dans son cahier des charges. Il fallait un ultime rebondissement, là, jusque dans la dernière page, en rajouter une couche sur une intrigue mille-feuille débordant déjà de sucre glace. Et du coup, on se lèche les doigts en gardant un goût amer. Sa dernière page dévoile un pot aux roses qui s’écrase vilainement sur le bel édifice, ravageant le tout du sol au plafond, fondations comprises. Difficile de l’évoquer plus en détail sans tout révéler, alors silence. On s’apprêtait à applaudir, et tout soudain, Coben nous attache les mains derrière le dos en tirant trop fort sur la corde. « Elle te laisse pantois, hein, mon habileté » ? Et non mon garçon. Les deux doigts du bonheur, on les garde en travers de la gorge.