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La Section dorée

Pernille Rygg (L’Aube noire)

lundi 12 août 2002


Le plus attachant, chez Pernille Rygg, est sans doute son héroïne : Igi, psychologue, fille d’un détective privé, n’hésitant pas à mener l’enquête quand par hasard un meurtre traverse sa vie. Ce qui n’arrive pas à tout le monde. A Igi, si. En 1997, on découvrait l’étonnant personnage dans l’Effet papillon, qui connut un réel succès en Norvège et un accueil critique chaleureux de par chez nous. On pouvait en effet se laisser surprendre par la dame, mariée au sémillant Benny, occasionnellement Bente pour cause de travestissement irrépressible, apprécier son art de vivre et de nous décrire cette marginale relation de façon totalement naturelle, et l’humour qui emballait le tout, avec quelques dialogues inspirés. Et tant pis si le roman traînait en longueur, se perdait en digressions cul-de-sac. On marchait, disons clopin-clopant. Avec La Section dorée, Igi nous revient maman d’une gamine de quatre ans. Tient-on la main et la menotte du tandem ? Pas sûr. Après un départ sur les chapeaux de roue qui laisse espérer un roman nettement plus rythmé que son prédécesseur, Pernille Rygg se perd à jouer la sulfureuse, en croquant le milieu de l’art de façon bien plus bête que méchante, et l’univers underground norvégien avec un regard "critique" qui n’arracherait pas le moindre frisson à Pimprenelle et Nicolas. En d’autres termes, Pernylle, qui se targue d’oeuvrer dans le témoignage social tout en reconnaissant aimer grossir le trait, rature surtout un roman ou quelques rares bonnes idées sont noyées sous un galimatias et des effets de style souvent épuisants. Donc : on aime bien Igi. Mais Rygg, elle nous fatigue.