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Wonderland Avenue

Michael Connelly (Seuil Policiers)

mercredi 3 juillet 2002


Et revoilà Harry Bosch. Sur une méchante affaire, bien sûr. La découverte des restes d’un enfant mort depuis une vingtaine d’années. Traque délicate. Inhabituelle. Connelly du coup change cette fois son fusil d’épaule. Il troque sa fureur habituelle pour un roman entre deux eaux, troubles certes, mais qui laisse percer plus que de coutume quelques traits de lumière. Est-ce parce qu’il fouille le thème de l’enfance, dans laquelle se reconnaît forcément notre maltraité de Bosch ? Certainement. Notre inspecteur, une fois de plus, n’est pas épargné par son créateur. Les souvenirs qu’il remonte durant son enquête, le présent qui lui file entre les pattes le précipitent certes dans les pires tourments. La douleur sourd, s’écoule, érode mais ne ravage pourtant pas tout. Au goutte à goutte, beaucoup d’humanité passe à travers les lignes. On se moque alors de l’intrigue faiblarde. On suit Bosch naviguant à vue jusqu’à l’accostage final. Satisfait du voyage. Cette fois encore, Connelly mène bien sa barque.